21 avril 2016

Droit illustré

Bridge of Spies : illustration de la déontologie de l'avocat

par Marie-Anne Frison-Roche

Avec le juge, l'avocat est le personnage chéri du cinéma. Le cinéma n'aime guère le notaire, encore moins l'huissier et ne se soucie pas du tout de l'officier d'état civil.

Quant à l'avocat, il et aimé, adoré même par le cinéma, qu'il défende le gentil ou l'ignoble. C'est même devant le Tribunal de Nuremberg ou en prenant gain et cause pour le parricide qu'il gagnera les cœurs des spectateurs. L'avocat est le chouchou des metteurs en scène, des spectateurs et sans doute des acteurs dont la robe noire est le plus fréquent est désormais le plus fréquent des costumes décalés.

Mais lorsque le prince des prétoires prête son talent et son intelligence au Droit des affaires, la froideur et la mesquinerie auxquelles le cinéma associe cette matière d'argent et d'intérêts recouvrent de poussière la mine de l'avocat devient grise. Plus d'orphelin à sauver, plus de cause grandeur, plus l'intérêt général à faire prévaloir !

Au guignol des personnages juridiques, l'avocat spécialisé en droit des assurance n'est-il pas le pire ? Toujours à contester le bon droit des victimes afin que la compagnie ne paye jamais, ou le plus tard possible ?

Pourtant, c'est bien de Maître Donovan, avocat d'assurance dont Steven Spielberg fît son héros dans Bridge of Spies, moment de l'Histoire mouvementée et glaciale entre les États-Unis et l'URSS, que les frères Coen ont animé pour qu'en 2015 les spectateurs prennent la mesure de ce qu'un avocat en assurances met faire pour son client.

Car défendre son client, même s'il est l'ennemi du pays de l'avocat, puis un autre être humain, puis l'ensemble des êtres humains qui composent la Nation de l'avocat, n'est-ce la noble nature de l'avocat ?

Steven Spielberg a mis plusieurs années à réaliser ce film, d'un coût de 40 millions$, dont il confia le scénario, plusieurs fois réécrit, aux frères Coen.afin de mettre en scène une histoire célèbre de la Guerre Froide, cas qui inaugura les échanges d'espion sur un point entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

Il en confia le rôle principal à Tom Hanks, qui interprète l'avocat : 

Mais c'est Mark Rylance, l'interprète de l'accusé, espion russe qui remporta de nombreux prix, notamment l'Oscar 2016 du meilleur acteurr pour un second rôle.

Si nous le prenons ce film du côté du Droit, c'est plutôt vers l'avocat que nous allons revenir. Nous mesurons combien un personnage à première très ordinaire, un avocat américain travaillant pour des compagnies d'assurance, va non seulement sauver la vie d'un espion russe dont la nation américaine veut la mort, mais encore sauver la vie d'un jeune étudiant, mais encore résoudre une crise diplomatique entre les deux blocs, et mettre au point une technique nouvelle, à savoir l'échange d'espions sur un pont au petit matin ...

L'analyse menée ici ne portera pas sur la guerre froide mais bien sûr la part du droit et du métier d'avocat, car sans doute si  James Donovan n'avait pas été avocat, et avocat d'assurances, le cas n'aurait pas été celui-ci. C'est sans doute pour cela que le film commence par une scène d'une grande banalité, d'une grande trivialité, à propos d'un sordide accident de la route. Mais cela sera la même entre le Kremlin et la Maison-Blanche, avec James Donovan qui aura la même pratique professionnelle...

Ainsi, à travers ce cas très extraordinaire, Steven Spielberg dresse un panégyrique du métier d'avocat. À travers le jeu de Tom Hanks - et peut-être est-ce pour cela que la pluie de prix est tombée à côté de lui ...-,

 

 

I. L'AVOCAT VEUT TOUJOURS GAGNER

s

A. JAMES B.  DONOVAN, JURISTE DE COMPAGNIE D'ASSURANCE

Le film débute par des scènes ordinaires de la vie professionnelle

 

B. L'AVOCAT TENTE SA CHANCE DANS LA NÉGOCIATION EN MENTANT AU BESOIN

s

 

II. L'AVOCAT NE VEUT PAS GAGNER À N'IMPORTE QUEL PRIX

s

A. L'AVOCAT N’OBÉIT QU'À SON CLIENT

s

B. L'AVOCAT NE PEUT SERVIR L'INJUSTE

s

 

 

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