28 août 2025

Publications

document de travail servant de base à un article concluant un ouvrage

🚧Considérer la géographie juridique africaine pour réussir un système efficient de vigilance

par Marie-Anne Frison-Roche

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 Référence complète : M.-A. Frison-RocheConsidérer la géographie juridique africaine pour réussir un système efficient de vigilancedocument de travail, aout 2025.

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🎤Ce document de travail fait suite à l'intervention de clôture du colloque Devoir de vigilance, quelles perspectives africaines ? Regards croisés en droit international, droit comparé et droit OHADA, organisé par la Faculté de Droit de Bordeaux, par son Institut de Recherches en Droit des Affaires et du Patrimoine (IRDAP), qui s'est déroulé le 15 novembre 2024

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📝Ce document de travail constitue la base de l'article, "Considérer la géographie juridique africaine pour réussir le système efficient de vigilance", qui conclut l'ouvrage publié sous la direction d'Eustache da Allada  en 2026 aux Éditions Lefebvre-Dalloz, dans la collection "Thèmes & Commentaires",📗Devoir de vigilance, quelles perspectives africaines ? Regards croisés en droit international, droit comparé et droit OHADA.

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 Résumé du document de travail : C

 

 

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🔓lire les développements ci-dessous⤵️📎!footnote-4494

1. La Vigilance, point avancée de l'obligation de compliance : de la "loi Sapin 2" à la "loi Vigilanc", objets communs de fracas et de passion, ambition commune  🦁 Sur les pas de la loi de 2016 dite "Sapin 2" dont elle emprunta les instruments techniques de compliance📎!footnote-4747, exprimant la même volonté politique de lutter contre les maux systémiques, la loi de 2017 dite "Vigilance", bientôt suivie en 2021 par la loi allemande📎!footnote-4804, mit en lumière soudainement l'obligation de Vigilance  suscitant fracas et passion dans le Droit occidental. L'onde s'est propagée dans la directive européenne Corporate Sustainability Due Diligences Directive, dite CS3D, de 2024📎!footnote-4748. Mais là où la loi dite "Sapin 2" ne visait "que" à éradiquer les systèmes économiques et sociaux de la corruption, vaste programme,  pour assurer leur durabilité, c'est-à-dire assurer leur solidité future (ce qui est la définition de la "durabilité"), la loi dite "Vigilance", par les mêmes instruments du Droit de la Compliance, fit endosser aux même grandes entreprises l'ambtion de détecter et de prévenir les atteintes graves à l'environnement et aux droits humains dans les chaines de valeur.

L'ambition est immense. "Buts monumental"📎!footnote-4745, l'expression est appropriée, fortement revendiquée par Eustache da Allada, Dès l'apparition des outils de compliance, ils sont présents📎!footnote-4809, l'Obligation de Vigilance les fait apparaître plus clairement encore parce qu'elle est la "pointe avancée" de l'obligation de compliance📎!footnote-4744. par laquelle les grandes entreprises contribuent à préserver les systèmes (par exemple le système climatique).

Cette contribution à la réalisation d'une ambition de cette amplique ne peut pourtant pas signifier que les grandes entreprises seraient juridiquement présumées coupables et qu'elles auraient la charge de démontrer leur innocence. Etre "en charge", être donc "responsabilisé", ne signifie pas être coupable. Il faut garder une juste mesure📎!footnote-4784. Il est demandé aux grandes entreprises, parce qu'elles sont en position de le faire, de contribuer à ce que ces Buts Monumentaux visant à préserver les systèmes (le système climatique étant un des systèmes) soient atteints.

C'est donc l'avenir qui est l'objet même, et principalement la prévention, eto le terme de "perspectives" ici retenue pour l'Afrique vaut pour chaque "géographie" qui est visée. Celle de l'Afrique, mais aussi celle de l'Europe et celle des autres zones du monde. Car en Droit de la compliance, il faut ancrer les dispositifs juridiques et ne pas les concevoir et les appliquer de la même façon partout. C'est notamment pour cela que le contrat est un instrument idoine📎!footnote-4785 et qu'il est pertinent en cas de contentieux d'entendre ceux qui connaissent les lois locales même si le contentieux se déroule en Europe📎!footnote-4786 car une loi ne flottent pas dans l'air et s'ancrent dans une "géographie juridique" qui demeure celle du pays.

Cela est d'autant plus pertinent pour l'Obligation de Vigilance qui a pour ambition de préserver le Futur, s'ancre dans la sauvegarde des populations présentes et à venir impliquées dans les systèmes. La "loi Vigilance" vise le système climatique, mais l'articulation est la même pour l'Obligation de Vigilance qui est à la charge des opérateurs systémiques dans le système numérique. Les projections sont donc au coeur du Droit de la compliance, ce à quoi renvoie la technique de la projectoire.

C'est même parce que l'ancrage normatif de ces différentes lois, réglementations et instruments est dans ces "perspectives" de rééquilibrage du changement climatique et de restauration systémique des droits humains que les passions, déjà activitées à propos de la lutte systémique contre la corruption, semblent s'être déchainées. Comme l'écrit Salvatore Mancuso, "Après le temps de la RSE, les grandes entreprises ne parlent que de vigilance, compliance, conformité..."📎!footnote-4781. Que d'articles  publiés quasiment d'heure en heure pour soutenir qu'il faudrait d'une façon absolue soit  tout  détruire de ce dispositif, soit tout préserver voire accroître de celui-ci...

De tant de passion, que restera-t-il ? À quel moment les "autruis lointains", qui vivent au long de la chaine de valeur loin de la sphère de l'entreprise qui  contrôle celle-ci ,puisqu'elle en est "maîtresse et donneuse d'ordre", ont-ils été consultés ? L'on comprends que les autruis lointains dans le temps que sont les "générations futures" n'aient pu l'être, mais le juge est venu rappeler que pour parler pour elles, il faut que les organisations puissent se prévaloir d'un objet social adéquat, le juge restreignant sagement  cette prise de parole aux limites juridiques de l'intérêt à agir en justice📎!footnote-4750, pour que leur parole demeure dans le cadre du Droit📎!footnote-4762. Mais les "autruis lointains" dans l'espace, notamment les populations et les gouvernants d'Afrique, à quel moment ont-ils pu articuler leurs point de vue et mentionné leurs intérêts, soit lors de l'adoption des textes, soit dans l'élaboration du droit souple, soit à l'occasion des contentieux ? Cette question qui demeure ouverte trouve heureusement des réponses dans l'ouvrage conçu et dirigé par Eustache da AlladaDevoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?. Le point d'interrogation qui s'associe au titre signe déjà la sagesse et c'est d'une façon mesurée que Mary-Ann Phasha-Dkan écrit que le dispositif "semble promis à un bel avenir"📎!footnote-4787. Il faut qu'il soit celui qu'Emmanuel Nnadozie📎!footnote-4810 décrit comme un "métissage stratégique", notamment requis entre la complexité technique des chaines de valeur et la nature informelle de beaucoup des règles qui régissent les sociétés africaines. L'avenir est toujours ouvert et, comme l'écrit Eustacle Da Allada, de ces nouveaux textes, l'on peut toujours attendre des "retombées inattendues"📎!footnote-4801. C'est une excellente expression, dont il faut accepter l'augure.

Pour qu'il en soit ainsi,, il faut garder de la mesure, s'appuie aussi sur la géographie juridique africaine, elle-même diverse📎!footnote-4788, ne pas compter pour rien ses institutions, notamment l'OHADA, et écouter ceux qui la connaissent. Dans le vacarme actuel, on les entend assez peu. C'est d'autant plus regrettable qu'en pratique, comme beaucoup d'outils de compliance, la vigilance n'est pertinente que si elle repose sur des informations fiables. Or, comme le montrent  Ange Coretta et Eustache Da Allada📎!footnote-4815. comment rendre traçable des chaines d'activités qui s'enracinent dans une économie informelle dans laquelle les informations n'affleurent pas ? C'est en cela, comme Emmanuel Nnadozie le montre📎!footnote-4811, que l'articulation doit se faire entre la vigilance et l'intelligence économique, ce qui suppose un "métissage" avec ce qui se passe dans les pays d'Afrique et les règèles qui les gouvernent. C'est aussi pour cela qu'il faut écouter.

 

2. La "passion" et le Droit sont de mauvais alliés   🦁 Des débuts tonitruants de 2017, des traces ont perduré dans la bataille  autour de la CS3D, jusqu'à la défaire en partie. Cela devrait faire place à plus de modération, beaucoup ayant vu dans ces mouvements affirmant qu'il fait tout détruire ou tout sanctuariser , tracer comme une ligne entre le camp du bien et du mal, un signe d'immaturité du mécanisme de vigilance lui-même📎!footnote-4746, La violence des propos et des propositions ne porte pas beaucoup de fruits mais ne peut que laisser des trace📎!footnote-4741. Cela n'est jamais bon en Droit car qui dit "passion", y compris la croyance passionnée dans le pouvoir du Droit qui ordonne (et cela adviendrait) et qui sanctionne (et cela serait restauré), il faut croire beaucoup dans le Droit pour imaginer cela. Carbonnier, qui écrivit tant de lois, ne pensait pas cela. La Compliance, notamment à travers l'Obligation de Vigilance, souffre aussi de cette association faite à la sanction, y compris dans des contentieux ayant forme civile, appelant alors l'excès📎!footnote-4736, excès dans le ton de nombreuses publications des uns et des autres, dans les demandes des uns et des autres portées devant le juge, excès dans ces récits que l'on construit pour celui-ci, et à travers le prétoire pour les médias et l'opinion publique, excès dans ce que l'on veut obtenir, c'est-à-dire parfois des miracles où tout pourrait se construire, parfois des anéantissements où tout pourrait disparaître. Cela dépend de qui est à la barre. Dans ces récits, l'Afrique est très présente. Quelle profit en tire-t-elle ?

Pourtant le Droit ne se prête pas à la passion et plus l'ambition est grande plus il doit être calme et veiller à mettre au centre son objet de préoccupation, c'et-à-dire l'articulation entre les personnes qu'il vise et les ambitions qu'il formule pour elles. Or, par nature les ambitions portées par le Droit de la Compliance sont immenses puisqu'il ancre sa normativité dans ses ambitions systémiques considérables : de nature téléologique, il demande aux grandes entreprises de contribuer à préserver et améliorer les systèmes pour que les êtres humains qui y sont impliqués n'en soient pas broyés, voire en bénéficient. C'est l'objet du devoir de vigilance comme de toutes autres obligaions techniques de compliance que de contribuer à ce but monumental📎!footnote-4751

Mais il faut trouver une juste mesure. Si nous ne la trouvons pas, des directeurs juridiques d'entreprises continueront de dire, même en public dans des conférences internationales consacrées au l'avenir du devoir de vigilance en Afrique, qu'il est impossible de satisfaire aux lois car quoi que l'entreprise fasse elle serat toujours considérée comme coupable et sanctionnée📎!footnote-4813, tandis que malgré les efforts des législateurs, de beaucoup d'entreprises, et du désir que le devoir de vigilance s'implante en Afrique, cela ne pourrait être qu'une très mince espérence📎!footnote-4814.

Pour retrouver cette juste mesure et laisser l'avenir ouvert, il faut prêter mieux attention à l'Afrique, à ceux qui y vivent, aux lois qui s'y appliquent, à sa "géographie juridique", pour que toute cette force dans les instruments juridiques aboutissent à des solutions qui conviennent aux populations qui y vivent, à des territoires, aux lois qui y persistent et aux juristes qui y exercent. Le devoir de vigilance ne doit pas effaceret pour cela, comme le souligne Eustache da Allada, il faut que le continent africain en fasse une "appropriation" alors même qu'il relève "l'agitation" à laquelle il a donné lieu en Europe📎!footnote-4794. L'on s'est tant plaint de l'extraterritoialité infligé à l'Europe par le droit américain notamment par le biais des techniques de compliance📎!footnote-4795, ne nous tendons pas un miroir📎!footnote-4752.

C'est pour cela aussi que l'ouvrage Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ? est précieux car l'on peut songer à exporter nos bonnes idées législatives si elles rencontrent une culture juridique locale. L'on retrouve alors le mécanisme de la "greffe", c'est-à-dire d'insertion d'un droit pensé ailleurs (en France, en Europe) dans une géographie juridique qui existe et qui ne doit pas être malmenée afin  qu'il  y ait des "perspective" et que le point d'interrogation du titre de l'ouvrage puisse s'efface pour faire place à des mises en oeuvre concrètes. Comme le souligne Mary-Ann Phasha-Dkan📎!footnote-4789, parce que les chaines de valeur de fait mènent souvent vers l'Afrique, parce que les lois européennes, française et allemande sont imprégnées de nouveaux standards, cela peut produire dans les Etats africains une acculturation nouvelle. Pour reprendre ses termes, elles sont donc "bienvenues".

Pour cela, il faudrait que les passions s'apaisent. Or, pour l'instant ces regards semblent être et demeurer plutôt hostiles les uns aux autres, tendent à récuser l'alliance nécessaire. Au pire, une approche écrasera l'autre, au mieux elles se neutraliseront. La première perspective est observée aux Etats-Unis, la seconde est observée en Europe📎!footnote-4763. Les uns veulent obtenir beaucoup des autres sans concession, la forme contentieuse semblant être privilégiée, chacun prenant soin de ne rien écouter de ce que dit l'autre, de crainte peut-être d'être soudain comme capturé par son contradicteur, qui du seul fait qu'il s'oppose devrait donc demeurer l'ennemi.

Tourner l'examen de l'Obligation de Vigilance vers l'Afrique paraît exacerbe ce travers contre lequel le Droit, qui met le Contradictoire au centre de sa méthode, juridictionnelle mais aussi législative, pour trouver une solution établie sur des faits connus, nous met pourtant tous en garde contre cette confusion entre le débat (qui vise à dégager la vérité et les solutions) et l'opposition (qui ne vise ni l'une ni les autres). La sagesse africaine de la discussion pourrait nous y ramener📎!footnote-4766. Les mécanismes formels du Droit ont su intégrer les palabres dans de nombreux pays africains📎!footnote-4765, notamment en ce qu'ils favorisent les médiations📎!footnote-4764, lesquelles ouvrent des remédiations que le tranchant des réglementations exigeant obéissance n'offre que difficillement. Ainsi, Emmanuel Nnadozie📎!footnote-4812vise "l'influence des chefferies traditionnelles africaines", qui est prégnante et incontournable dans certains secteurs d'activité, notamment des Etats africains miniers et gagant à être considérées comme des "partenaires" de l'entreprise, même si cela ne correspond pas à la définition textuelle de la "partie prenante". Dans cette perspective, Ange Coretta et Eustache Da Allada proposent d'adapter le devoir de vigilance en reconstituant des "comité locaux de vigilance"📎!footnote-4818.

C'est une bonne idée, ceux-ci pourraient être actifs aussi bien en temps calme dans le fonctionnement Ex Ante du Droit de la Compliance qu'en cas de contentieux, pouvoir constituer des amici curiae adéquat, n'étant pas parties à l'instant mais pouvant être parties à l'instance📎!footnote-4819.

Il le faut car symétriquement, Mary-Ann Phasha-Dka détaille une enquête de terrain menée dans plusieurs pays d'Afrique parmi les personnes travaillant dans le secteur extractif montrant que si la loi française et le plan de vigilance sont relativement connus, les techniques corrélées de réglement des conflits sont quasiment incconus. Elle explique cela en raison du caractère "étranger" de cette façon française de résoudre les différents et estime que de ce fait l'efficacité du méchanisme est problématique📎!footnote-4793. L'on peut la suivre et souhaiter que des médiations, des alliances, des accords, des contrats prennent plus de place pour que le mécanisme de Vigilance soit lui-même plus efficient au regard des ambitions systémiques qui le porte.

 

 

3. L''Obligation de Vigilance déployée dans les chaines de valeur : l'Afrique souvent prise comme simple exemple d'un propos général et non comme objet singulier 🦁 Pour apprendre et apporter, il faut donc prendre l'Afrique comme  un sujet particulier d'attention dans l'examen de l'Obligation de Vigilance, comme un objet à partir duquel il serait fructueux de partir, mais non pas comme un simple exemple de ce à quoi les entreprises européennes doivent être obligées d'une façon générale. Prendre l'Afrique comme objet singulier est d'autant plus pertinent que, comme le souligne Walid Ben Hamida en examinant La place de l'obligation de vigilance dans les accords et traités d'investissement!📎footnote-4778, cette obligation existe sous diverses formes dans des traités auxquels des États ou organisations interétatiques africaines ont adhéré en tant que tels.

Mais lorsque sont analysés les réglementations propres au devoir de vigilance c'est souvent comme simple exemple que l'Afrique est appréhendée. Tout d'abord et en premier lieu, l'obligation de vigilance pèse sur les sociétés-mères et les entreprises donneuses d'ordre afin que celles-ci détectent et préviennent les atteintes graves à l'environnement et aux droits humains commis ou susceptibles d'être commis dans les chaines de valeur📎!footnote-4739Or, les chaines de valeur construites par les grandes entreprises européennes comme organisation structurelle intégrée de leur activité industrielle et commerciale📎!footnote-4742, impliquent en grande nombre et d'une façon essentielle les pays africains parce que les activités minières, forestières, portuaires, mènent naturellement vers ce continent et suppose une succession d'activités extractives, d'activités agricoles spécifiques et de transport par diverses voies, activités souvent causes naturelles de pollution et de catastrophes pour les êtres humains📎!footnote-4790. C'est l'unicité matérielle des matériaux qui justifia le choix stratégique des chaînes de valeur, mélant droit et gestion📎!footnote-4806, et le choix stratégique des législateurs qui ont opté pour l'extraterritorialité, que le législateur soit dans l'Union européenne ou canadien📎!footnote-4805.

En outre, la façon dont les personnes qui travaillent sont traitées et leur sécurité  est assurée, souci souvent moins aigu dans les législations appliquées en Afrique (ou en Asie) qu'en Europe, est souvent évoquée, mais d'une façon générale et l'analyse menée par Laurent Gamet est d'autant plus précieuse qu'il part des situations singulières📎!footnote-4743, comme Mary-Ann Phasha-Dkan,décrit la corrélation entre les activités industrielles pratiquées en Afrique dans les segments pertinents de la chaîne de valeur et les risques encourus par les travailleurs locaux📎!footnote-4791. La crainte que toutes les exigences ne soit qu'illussoires tient non seulement à l'éoignement mais encore à la place de l'économie informelle📎!footnote-4816. L'on arriverait alors à ce triste constat, souvent fait pour certains autres textes grandioses, que ces textes lsiambitieux seraient les plus ineffectifs, notamment faute d'information. Il faut s'allier pour qu'il n'en soit pas ainsi.

 

 

4. L'Afrique, souvent prise comme lieu de revanche, de remords ou de paternalisme à travers l'Obligation de Vigilance, comme dette de crimes passés, en décalage d'une branche du Droit dont l'objet est le futur 🦁 En deuxième lieu, en évoquant l'obligation de vigilance beaucoup désignent explicitement le passé colonial des gouvernements et des entreprises occidentales, par exemple britanniques, françaises, ou portugaises, et affirment que c'est une sorte de faute historique qu'aujourd'hui les uns et les autres doivent réparer à travers un "devoir" de vigilance, dans laquelle certains voient d'ailleurs la figure masquée d'un néo-colonalisme protecteur📎!footnote-4800. Cela est expressément revendiqué. Sans entrer dans la cette dimension de revanche, c'est la question de la "dette" qui est ici en cause, ce que les cultures non-occidentale expriment pris dans le sens de ce que nous devons à la terre et aux anciens, qui nous nourrissent et nous éduqnet, ce que les sociétés non-occidentales prennent comme base excluant des échanges monétaires  la terre et la culture (ce que l'on pourrait appeler la "civilisation") , et que nous transformons dans  un rapport interpersonnel de créance. 

Lorsque de nombreus écrits désignent des entreprises "débitrices de l'obligation de vigilance" ,alors qu'elles sont "en charge" de veiller à ces valeurs que sont la préservation du passé et du futur, c'est ne pas comprendre ce dont il s'agit. De nombreuses organisations y verront une voie pour se présenter comme "créancier" puisqu'il y a "débiteur" et demander exécution forcée. Le président des Etats(-Unis raisonne de la même façon, justifie ainsi les droits de douane pour une appréciation rétroactive de l'histoire, estimant que le libre-échange étant indûment payé par ce pays et qu'il faudrait aujourd'hui le rembourser. Il s'agirait dans le cas des chaines de valeur de rembourser la gratuité de l'esclavage ou des conditions de travail indécent, dont nul ne conteste par ailleurs l'ignominie. Les entreprises seraient donc toujours débitrices, puisque déjà coupables.

Mais le Droit a Droit de la compliance, dont l'obligation de vigilance est un instrument essentiel, ayant pour objet le futur, y compris quand il prend une forme contentieuse📎!footnote-4749. , le lester d'u  passé jamais présent et que chacun devrait porter apparaît comme un handicap. Non pas que le Droit de la compliance s'écrive sur page blanche. Pour se saisir du futur et ouvrir des "perspectives", il faut s'ancrer, et dans l'espace, l'espace des pays africains et dans les nouveaux espaces juridiques que ce continent a su construire, notamment l'OHADA, et dans le temps, car l'histoire du Droit est un "droit vivant", mais il faut se garder d'utiliser la puissance de cette nouvelle branche du Droit pour revenir en arrière et fermer ces "perspectives" que l'ouvrage recherche. Le devoir de vigilance en ce qu'il rencontre ce "souci d'autrui" que la culture juridique africaine porte plus naturellement que la culture européenne doit être un pont entre ces deux cultures-là, plutôt qu'une culture d'Europe qui se superpose et efface, ou qu'une revanche de ce qu'ont fait les Européens en Afrique. Pour nouer cela, il faut ôter le poison de la passion.

 

5. Le poison de la passion, enthousiasme ou détestation de la Vigilance, cause possible de la disparition de cette Obligation spécifique 🦁 Les uns, triomphants, ont voulu une "obligation de vigilance" à l'aune de laquelle les entreprises seraient donc débitrices et responsables de tout en érasant les exigences probatoires inhérentes à des engagements de responsabilité, tandis que les autres, épouvantés et en réaction, ont voulu l'érasement de tous les textes qui ont vu naître l'idée même de Vigilance📎!footnote-4740. Ainsi, à la passion de la Vigilance est venue répondre avec le même excès la passion de la déréglementation, comme si pour avoir raison il faudrait que l'autre ait absolument tort, comme si pour gagner il faudrait que l'autre perde radicalement. La Vigilance est devenue un champ de bataille et le Droit est souvent son ring. Comme cela est regrettable alors que nous sommes déjà si faibles et isolés face aux risques systémiques qui sont face à nous tous. Tournons tous nos regard vers l'Afrique et ce qu'elle peut nous apprendre📎!footnote-4753.

 

6.  La supériorité de la culture des pays d'Afrique : le souci d'autrui, à laquelle le devoir de vigilance donne de nouvelles perspectives  🦁 Si l'on replace le devoir de vigilance dans son axe, en ce qu'il est la pointe avancée de l'obligation de compliance, il exprime le souci d'autrui.  Or, autant l'Europe, et plus encore les Etats-Unis, se sont, notamment par l'accueil que leur système juridique a fait au "sujet de droit"📎!footnote-4754 lequel par nature a souci de lui-même, de son espace de liberté, garanti par sa "petite propriéré", a peu soucie d'autrui📎!footnote-4767, puisque cet autrui se soucie de lui-même et que la liberté de l'un cesse où celle de l'autre commence. Dans un système juridique individualiste, il n'est pas besoin de penser autrui, puisqu'il est lui-même un "je" et que la liberté et le contrat règlent les rapports juridiques entre ces sujets. A l'inverse, dans une société où le principe n'est pas celui de l'individu qui use de sa seule liberté, qui consent et qui contracte, alors le souci d'autrui devient un objet à part entière pour le Droit.

Cela a été exposé et étudié très longuement, à travers notamment le principe de solidarité ou de fraternité auquel le Droit occidental a du mal à faire place en tant que tel. Dans la culture africaine, le souci d'autrui est premièr, engendrant la solidarité. C'est aussi pour cela que ce qui est qualifié de "rapport corruptif" peut ne pas l'être📎!footnote-4755, de la même façon que l'éducation des enfants peut passer avec le travail dans les familles.  D'une façon plus générale, c'est l'économie informelle qui fait place à cette solidarité, et les entreprises dans la mise en oeuvre de leur devoir de vigilance, tout d'abord pour mettre en place les traçabilités et le recueil d'information, mais d'une façon plus générale, doivent s'y adapter ;  Ange Coretta et Eustache Da Allada en montrent la nécessité, notamment parce que la réflexion de l'écrit y est moins fort📎footnote-4817.

Par les nouveaux textes sur la Compliance et son instrument qu'est la Vigilance, sont ainsi pris en charge l'autrui éloigné dans le temps (les générations passées et futures, dirions-nous) tandis que l'autrui éloigné dans l'espace est sans doute plus restreint en Afrique, respondant davantage à la notion juridique duty of care qui dessine un cercle moins large que celui de la vigilance, le duty of care correspondant à une partie prenante proche de celui qui a le pouvoir de décider et non pas toutes les parties concernées📎!footnote-4756. De cela, nous pouvons prendre leçon car il y a certainement plus de "devoir de vigilance accompli" dans les sociétés africaines que dans nos sociétés dans lesquels il faut des lois pour que ce tiers général et abstrait nous en impose l'impérativité.

 

7.  Y compris devant les juridictions occidentales, accueillir l'expression des cultures juridiques africaines de vigilances : parties au litige, parties à l'instance et amicus curiae    🦁 Ces cultures juridiques africaines sont donc pertinentes et lorsque les textes français ou européens sont évoqués à travers les contrats ou/et à travers des contentieux, elles doivent trouver place. Il est particulièremet intéressant de mesurer grâce au travail mené par un consortium d'entreprises euro-africaines que les personnes qui travaillent dans plusieurs pays d'Afrique (rattachés les uns plutôt au Droit continental les autres plutôt au  Common Law) dans le secteur extractif connaissent assez bien l'existence de la loi française (mieux que la loi allemande et beaucoup mieux que la directive, qui semble passée inaperçue)📎!footnote-4792.  Il serait dommage que nos textes soient ainsi portés au loin par la puissance des constructions sociétaires et des contrats📎!footnote-4757 bâtissant les chaines de valeur, sans tirer profit de la géographie juridique africaine sur laquelle ils se superposent et qui pourrait davantage les accueillir.

Il est exact que le plus souvent le droit africain ne s'appliquera pas dans la mise en oeuvre du devoir de vigilance, soit parce que le contrat l'aurait stipulé, soit parce que, le Droit international privé reculant devant un Droit de la compliance📎!footnote-4768 moins sensible aux frontières que le Droit traditionnel📎!footnote-4769 alors même qu'il porte plus haut et plus loin que lui l'idée et la pratique de souveraineté📎!footnote-4770,

Mais même lorsque ce sont les juges français qui ,se basant sur le caractère "impératif" des dispositions législatives français du devoir de vigilance pour écarter l'application du système juridique alors même que le fait générateur et le dommage se situent dans un espace qui relève de celui-ci📎!footnote-4771 , il faudrait à tout le moins que le juge qui ne connait pas cette géographie juridique puisse en être informé. Car si  Jura novit curia, que sait-elle des moeurs juridiques de cet espace lointrain qui peut se situer tout au bout des chaines de valeur ? Pour bien juger, et si le système juridique étranger n'est plus comme, pourrait-on dire "partie au litige", il faudrait alors à tout le monde, mutatis mutandis, qu'il devienne partie à l'instance. Dans un tel cas, des amici curiae seraient les bienvenus. Les magistrats de liaisons pourraient y jouer ce rôle, car il ne s'agit pas alors d'expliquer le Droit, puisqu'il a été écarté au bénéfice du Droit français ou/et européen, mais d'expliquer les moeurs juridiques du pays dans lequel l'activité industrielles ou commerciale a été insérée dans un segment de la chaine de valeur par décision structurelle de l'entreprise maîtresse.

 

 

8.  Utiliser les structures juridiques bâties par les pays africains pour y faire fructifier les soucis ancestraux de la terre et d'autrui en superposition de l'abstraction des "chaines de valeur"  visées par les lois européennes  : la voie sociétaire, contractuelle et de l'arbitrage 🦁 D'ailleurs, puisque les chaines de valeur sont conçues et structurées par les entreprises maîtresse📎!footnote-4772,  en choissant de construire une chaine rigide et durable plutôt que recourir au marché concurrentiel, dont la flexibilité est aussi source naturelle d'incertitude et donc de risque (notamment dans l'approvisionnement), en allant de la rigidité forte par l'intégration verticale qu'offre le Droit des sociétés et des groupements à la rigidité mixte qu'offre le Droit des contrats📎!footnote-4773, l'entreprise est libre d'intégrer plus ou moins les systèmes juridiques africains, et dans les structures sociétaires et dans les "contrats de régulation". 

De la même façon, parce que la bonne conception d'une activité dans une chaine de valeur est à la fois de la considérer en tant que telle, c'est-à-dire implantée dans sa "géographie juridique" et à la fois en tant qu'elle est un segment dans une chaine de valeur avec un amont et un aval (ce qui donna lieu à des disputes acérées à propos de la CS3D), il est judicieux d'insérer une vision plus globale en prévoyant des clauses de résolution des conflits, pouvant aller jusqu'à l'arbitrage international. Le dynamisme de celui-ci concernant l'industrie extractive le développement de l'Obligation de vigilance concernant celle-ci et la place naturelle qu'y prend l'Afrique y mènent. Mais plus encore, ces arbitrages doivent intégrer ce "souci d'autrui" qui ancre le Droit de la Compliance et donc l'Obligation de Vigilance, y compris quand elle prend forme contractuelle. Cela doit s'intégrer dans l'office des arbitres internationaux, qu'il s'agisse d'arbitrages d'investissement ou d'arbitrages commeciaux📎!footnote-4779. En effet, l'impérativité des Buts Monumentaux dans la réalisation desquels s'ancre l'Obligation de Vigilance s'articule parfaitement avec la technique de l'arbitrage international📎!footnote-4774.

 

 

9.  Utiliser le droit des contrats, modéré par le droit de l'OHADA, pour que la "géographie juridique" de l'Afrique perdure au-delà des réglementations : la plus solide perspective   🦁 L'on retrouve ici le lien naturel entre Obligation de Compliance et contrat, souligné à propos de la Vigilance par Pierre Berlioz, qui rappelle que par le contrat l'entreprise légalement assujettie peut avoir des informations sur les risques en organisation des mécanismes de transparence et imposant à ses partenaires une participation active à sa propre politique globale de durabilité📎!footnote-4758. Par le contrat, qui peut recevoir de multiples clauses de compliance, notamment sur la vigilance📎!footnote-4775 la géographie juridique de chaque pays peut trouver place, doit trouver place. Cela suppose de la part de l'entreprise qu'elle veille à ne pas concevoir selon une formulation identique les  contrats. L'exercice pratique est donc délicat car il faut veiller à l'homogénéité de la chaine de valeur, car c'est pour elle que cette structure a été choisie plutôt que le recours one by one aux marchés et la considération qui doit être faite des pays et de leur Droit qui les reflète Le dispositif contractuel est d'autant plus solide que cet équlibre est réussi.

À ce tire, l'OHADA , dont Eustache da Allada souligne qu'elle renvoie à un ordre juridique africain qui serait à la fois adéquat et qui serait renforcé par la Vigilance📎!footnote-4796, peut être d'un appuy précieux. La nouveauté du Droit de la compliance pourrait permettre de dépasser les difficultés que rencontrent les élaborations de textes en droit des contrats et en droit du travail. La Cour commune de Justice et d'Arbitrage, dont on connait la force créatrice et qui a pour mission d'unifier, pourrait aider. En effet, le juge est au centre du Droit de la Compliance📎!footnote-4776, ce que sa pointe avancée de la Vigilance manifeste avec éclat📎!footnote-4807. Si l''on veut que l'Afrique y prenne sa place, non pas seulement comme exemple mais en tant que telle, il faut que l'OHADA puisse y développer son expertise. Elle le peut, elle le doit. Eustache da Allada démontre qu'elle le peut alors même qu'elle ne développe que peu le devoir de vigilance pour la raison suivante : le devoir de vigilance étant la "pointe avancée de l'obligation de compliance"📎!footnote-4798, et parce que les mécanismes de compliance sont eux bien implantés dans l'OHADA alors par transitivité le devoir de vigilance peut trouver son effectivité dans ce cadre institutionnel📎!footnote-4799.

Allant plus loin et parce qu'il rattache à juste titre le devoir de vigilance au Droit de la Compliance, lequel constitue une branche du Droit qui vise en Ex Ante à gérer les risques des systèmes et à mettre en partie les entreprises systémiques en charge de cela (ce à quoi renvoie leur "responsabilisation"), Eustache da Allada évoque la possibilité d'adopter une norme OHADA qui formulerait une norme de vigilance comme gérant les risques. Cette définition correspond à celle formulée par Emmanuel Nnadozie qui, prenant une "perspective opérationnelle", décrit le devoir de vigilance comme "une démarche d'identification, d'anticipation et d'atténuation des risques dans les chaînes de valeurs ou d'activités internationales des opérateurs transnationaux"📎!footnote-4808. On souligne que c'est par cette définition opérationnelle de gestion des risques systémiques que l'obligation de vigilance se développe notamment en matière bancaire, assurantielle, financière, etc📎!footnote-4802.

En désenclavant ainsi le devoir de vigilance de la loi française de 2017, de la loi allemande de 2021,de la directive de 2024, lesquelspourraient être frappés de péremption puisqu'il n'y a plus de marbre sur lequel on écrivait les lois, pour le rattachan à l'obligation plus générale de vigilance qui est un élément essentiel de la branche du Droit que constitue la Compliance, unifiée par ses buts systémiques monumentaux📎!footnote-4803, l'OHADA pourait lui donner un essor et une pérennité que l'Europe a du mal à lui offrir. Cela serait d'autant plus justifié que les activités industrielles qui le justifient sont massivement présentes en Afrique davantage qu'en Europe.

 

10.  Seuls les Buts Monumentaux, ambitions nées des besoins présents et futurs des êtres humains ancrés, peuvent rendre durables et supportable l'obligation de vigilance : les perspectives pratiques de la Vigilance en Afrique en sont l'épreuve  🦁 Puisque la "conformité" n'est que l'obligation mécanqiue à des réglementations, alors que le Droit de la Compliance vise à permettre aux entreprises de contribuer à des Buts Monumentaux qui perservent et accroissent la solidité des systèmes📎!footnote-4797, notamment les systèmes économiques et sociaux impliqués dans chaque segmet de la chaine de valeur, l'Obligation de Vigilance ouvre des perspective d'alliance entre les entreprises, les autorités et les populations pour une telle solidité. Dans un système libéral, le principe de concurrence qui repose sur l'individualisme de marché📎!footnote-4777, s'articule avec le principe de compliance, qui repose sur les alliances se déployant dans le temps et s'ancrant dans les territoires.  Ce qui à côté des réglementations donne place aux géographies juridiques des activités et des êtres humains constitue les perspectives les plus fructueuses. Le fait que ces perspectives soient aujourd'hui ouvertes, dans un monde qui paraît si bloquée, que l'on puisse à juste titre, parler d'Odyssée comme le fait Mary-Ann Phasha-Djian📎!footnote-4782, est en soi une bonne nouvelle📎!footnote-4783. C'est à cette ambition d'équilibre que les contrats peuvent porter que les réglementations doivent être éprouvées, c'est-à-dire trouver leur ancrage.

_______

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

🕴️M.-A. Frison-Roche, Les outils de la compliance, ...

2

🕴️F. Renaud, 📝Le devoir de vigilance des entreprises : quel modèle pour demain ? Étude comparée des droits français, allemand et canadien,  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

3

🕴️S. Mancuso, 📝 Le devoir de vigilance européen : quel avenir au lendemain de l'adoption de la directive "Omnibus I" ?, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

4

🕴️mafr, Les buts monumentaux de la compliance, ....

5

mafr, Le droit de la compliance, 2016.

6

🕴️M.-A. Frison-Roche, 📝 La Vigilance, pointe avancée et part totale de l'Obligation de Compliance, in 🕴️M.-A. Frison-Roche (dir.), L'obligation de Compliance2025.

7

mafr, Compliance, vigilance et responsabilité civile : prendre la mesure et raison garder, in L'obligation de compliance, 2025.

8

V. infra les dévellopments à proos du contrat n°8.

9

V. infra les développements sur le recours aux amici curiae n°9.

10

S. Mancuso, 📝Le devoir de vigilance européen : quel avenir au lendemain de l'adoption de la directive "Omnibus I"?, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.. L'auteur évoque également des "vents impétueux" et souligne à propos de la CSRD et de la CS3C que "rarement une réforme aura suscité autant d'intérêt et de débats"

11

Paris, 18 juin 2024, TotalEnergie, ....

12

V. G. Settler, Discours juridique et discours scientifique en droit de la responsabilité civile , 2026.

13

🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

14

🕴️E. Nnadozie, 📝La directive "vigilance" et l'intelligence économique en Afrique : un métissage stratégique au service des entreprises",  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

15

🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

16

🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

17

🕴️A. Coretta et 🕴️E. Da  Allada, La directive "vigilance" et les chaines d'activités informelles en Afrique, in 🕴️E. Da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

18

🕴️E. Nnadozie, 📝La directive "vigilance" et l'intelligence économique en Afrique : un métissage stratégique au service des entreprises",  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

19

🕴️Ch. Maubernard &🕴️ A. Brès (dir.), Le devoir de vigilance des entreprises. L'âge de la maturité ?, 2024.

20

Mafr, in l'âge de la maturité.

21

Carbonnier, Droit et passion du droit sous la Vième République, 1995.

22

Pour une description précise de l'ensemble des obligations de compliance, avant de les réunir dans une description de ce qu'est "l'obligation de compliance", dont l'olbligation de vigilance est une déclinaision, mafr,📝  ..., in L'obligation de compliance, 2025.

23

Conférence Devoir de vigilance et pratique des affaires, Université de Prétoria, 2023, propos rapporté par Emmanuel Nnadozie (📝La directive "vigilance" et l'intelligence économique en Afrique : un métissage stratégique au service des entreprises",  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026).

24

Conclusion de Mary-Ann Phasha-Dkan (📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026).

25

🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

26

Rapport parlementaire sur l'extraterritorialité du droit américain, .....

Comme le souligne Eustache da Allada (📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026), "Par leur portée extraterritoriale, les législations européennes sur le devoir de vigilance interpellent les Etats africains sur leur capacité à s'approprier des éléments juridiques d'identité extérieurs qui participent à la durabilité et à la compétivité internationale des grandes entreprises dans le monde.".

27

...,📝  L'extraterritorialité, ....

28

🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

29

Pour sortir de cette triste perspective, J.-Ch. Roda, 📝...., Journal of Regulation & Compliance (JoRC), 2027.

30

V. à propos des coutumes du Vanuatu, L. Chassot, "Juger ailleurs, juger autrement - Quelle place pour la coutume dans un monde globalisé ?", 2011, Reprenant le même thème sur plusieurs pays d'Afrique, v. Cahiers de la Justice, Faire justice dans les sociétés multiculturelles, 2021, notamment la Mauritanie. Dans sa contribution, Boubou Ba,montre la façon dont des lois nouvelles s'appuient sur les modes coutumiers, antérieurs à la colonisation, pour proposer des modes alternatifs à la résolution formelle des litiges, notamment parce que la confiance dans les organes juridictionnels et les procédures depuis mis en place sont faibles ( "Les modes alternatifs de règlement des conflits dans le système juridictionnel mauritanien"). Il insiste sur la fonction restauratrice de la justice coutumière, et de la victime et de l'auteur. Cela est petinent dans les manquements de compliance et pour la prévention de manquements futurs.

31

Sur le phénomène général des palabres, v. ....

32

M. Chapuis, 📝..., in L'obligation de compliance, 2025.

33

🕴️E. Nnadozie, 📝La directive "vigilance" et l'intelligence économique en Afrique : un métissage stratégique au service des entreprises",  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

34

🕴️A. Coretta et 🕴️E. Da  Allada, La directive "vigilance" et les chaines d'activités informelles en Afrique, in 🕴️E. Da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

35

Sur cette question, v. infra n°8.

36

🕴️M.-A. Phasha-Dkan (📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026).

37

W. ben Hamid, 📝La place de l'obligaition de vigilance dans les accords et traités d'investissement, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

38

W. ben Hamid, 📝La place de l'obligaition de vigilance dans les accords et traités d'investissement, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

39

Il y a d'autres obligation de vigilance en dehors des textes sur les chaines de valeur (loi française de 2017 et directive européenne CS3D, telle que modifiée par la directive du 26 février 2026. En effet, les Droits sectoriels, notamment bancaire, financier, énergétique, ou numérique, ont engendré des obligations de vigilance qui leur sont propres. Voir à ce propos in L'obligation de compliance, 2025 : ... ; ... ; ... ; i.... Il en existe aussi des spécifiques en fonction des différents buts poursuivis, par exemple la lutte contre le blanchiment de capitaux (v. à ce propos, 🕴️L. Laref (dir.), 📕...., sous presse.

Mais il n'en sera pas fait état ici, même si ces diverses obligations de vigilance peuvent avoir des conséquences sur le continent africain et peuvent être repris d'une façon ou d'une autre dans le Droit OHADA, puisque l'ouvrage se concentre sur l'obligation de vigilance telle qu'elle se déploie dans les chaines de valeur pour détecter et prévenir les atteintes graves à l'environnement et aux droits humains. V. cependant, en raison de l'interrégulation entre l'obligation de compliance des opérateurs bancaire et l'obligation de vigilance propre aux chaines de valeur, 🕴️Y. R. Kalieu Elongo, 📝Devoir de vigilance du banquier et lutte contre le blanchiment des capitaux : quelle contextualisation en droit africain ?, cet ouvrage.
Yvette Rachel Kalieu Elongo,

40

E. Macluf, ..., in mafr (dir.), Compliance et contrat, sous presse.

41

Lire la description qu'en fait 🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

42

E. Maclouf, ..., in L'obligaion de compliance, 2025.

43

Pour une description des choix opérés au Canada, 🕴️F. Renaud, 📝Le devoir de vigilance des entreprises : quel modèle pour demain ? Étude comparée des droits français, allemand et canadien,  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

44

🕴️L. Gamet,📝 Devoir de vigilance et travail décent en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

45

🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

46

🕴️A. Coretta et 🕴️E. Da  Allada, La directive "vigilance" et les chaines d'activités informelles en Afrique, in 🕴️E. Da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

47

Pour l'exposé de ce grief de "néo-colonalisme" par ce Droit protecteur, v. not. 🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines, 2026. Ce soupçon rend d'autant plus important que ces textes soient reçus, compris, adaptés, et que les personnes concernées aient leur mot à dire car elles sont par natures les premières "parties prenantes".

48

mafr, Les contentieux dont l'objet est le futur,

49

S. Mancuso, Le devoir de vigilance européen : quel avenir au lendemain de l’adoption de la directive « Omnibus I » ?, in E. 
 

50

V. par ex. A. Supiot, 📝 Apprendre de l'Afrique  (en lisant Ousmane Sidibé)*, 2023. (à propos de : O.O. Sidibé, Repenser le statut du travail. Une contribution africaine, ...).

51

M. Foucault, 📝 Le sujet et le pouvoir» (1ère éd. : 1982 ; repris dans Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, Gallimard, 2001, pp. 1041-1062)

52

Ce contre quoi protestent de nombreux travaux d'Alain Supiot. V. not. A. Supiot, Pour un principe de solidarité, 

53

M.M.Salah., .📝 .., in mafr, Les outils de la compliance, 

54

🕴️A. Coretta et 🕴️E. Da  Allada, La directive "vigilance" et les chaines d'activités informelles en Afrique, in 🕴️E. Da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

55

Sur le contresens d'assimiler directement le devoir de vigilance et le duty of care, M. Fabre-Magnan, 📝  ..., in Mélanges Loïc Cadier,...

56

Ce travail très instructif est reporté et commenté par M.-A. Phasha-Dkan (📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026).

57

🕴️P. Berlioz, Devoir de vigilance et contrat,  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

58

L. d'Avout, 📝..., in L'obligation de compliance, 2025.

59

mafr, 📝système, frontière, in L'obligation de compliance, 2025.

60

mafr,📝 La souverainté, portée par le Droit de la Compliance, 2026.

61

Voir le raisonnement qui permit d'écarter l'application du Droit turc dans un contentieux de responsabilité alléguée pour manquement au devoir de vigilance, TJ Paris, 34ième ch., 12 mars 2026, Soc. Yves Rocher, ...

62

colloque avec Etienne Maclouf, novembre 2026...

63

P. Berlioz, 📝Vigilance et contrat,in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026 ; mafr (dir.), Compliance et contrat, 2026.

64

E. Silva Romero, 📝..., in La juridictionnalisation de la compliance, 

65

Pour la démonstration de cela, mafr, 📝place d'arbitrage durable... ; L. Aynès, 📝...., in L'obligation de compliance.

66

🕴️P. Berlioz, 📝 Devoir de vigilance et contrat,  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

67

mafr, Contrat de compliance, clauses de compliance, 2022 ; J.-Ch. Roda, Contrat et compliance : clause après clause, 2026.

68

Pour démontrer cela, l'auteur revient sur la notion  "ordres juridiques supranationaux africains", l'OHADA en étant un parmi un ensemble ne formant pas un système, et montre comment le devoir de vigilanc et doit s'y inscrire, notamment parce que, outil de compliance, il peut permettre un dialogue entre eux, l'OHADA devant être favoriser pour ce faire (🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.).

69

mafr, La juridictionnalisation de la compliance

70

🕴️F. Renaud insiste sur le fait que le juge ne serait au centre que dans le système français, qu'il ne l'est pas dans le système allemand, puisqu'il fit le choix d'une autorité administrative et que le système est mixte au Canada ( 📝Le devoir de vigilance des entreprises : quel modèle pour demain ? Étude comparée des droits français, allemand et canadien,  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026). Mais en pratique l'on voit dans le Droit de la Régulation, dont le Droit de la Compliance est le prolongement, que même en présence d'une autorité administrative de supervision, le juge garde une place centrale. V. dans ce sens, Conseil d'Etat et Cour de cassation, .... ; Ces travaux traitent notamment du devoir de vigilance et notamment de l'office du juge en la matière (v. not. Fr. Ancel, ....).

71

Sur cela, v. supra n°1 et les références citées.

72

🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines, 2026.

Sur ce mécanisme plus général de "transitivité" qui permet de passer des corpus de compliance à un contentieux systémique, mafr, Droit de la compliance et contentieux systèmique, 2026.

73

🕴️E. Nnadozie, 📝La directive "vigilance" et l'intelligence économique en Afrique : un métissage stratégique au service des entreprises",  in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines2026.

74

Sur le répertoire des obligations de vigilance, v. mafr (première articler), in L'obligation de compliance. Dans cet ouvrage, voir le chapitre consacré à la diversité des obligations de vigilance (v. par ex. en matière énergétique, ....).

75

mafr, 📝Naissance..., in Mélanges Vogel.

76

C'est pourquoi là où, en s'appuyant sur de bonnes raisons, Mary-Ann.Phasha-Dka voit les opportunités économiques et sociales d'accueillir en Afrique l'obligation de vigilance elle doute de l'arrivée effective d'un tel standard, notamment faute de juridictionnalisation (🕴️M.-A. Phasha-Dkan,📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026), Eustache da Allada fait le lien rationnel entre les Buts Monumentaux de la compliance, l'accueil de la Vigilance dans la culture juridique africaine et l'institution de l'OHADA pour lui donner de l'effectivité (🕴️E. da Allada,📝Les perspectives d'élaboration d'un devoir de vigilance des entreprises en Afrique, in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.).

77

mafr, 📝Droit et marché, l'épreuve..."

78

🕴️M.-A. Phasha-Dkan, 📝Le devoir de vigilance : neuf ans d'application de la loi française en Afrique et perspectives à l'ère de la directive "Vigilance", in 🕴️E. da Allada (dir.), 📗​Devoir de vigilance. Quelles perspectives africaines ?2026.

79

Dans le sens où Carbonnier emploie cette expression concernant les loi nouvelles : 🕴️J. Carbonnier, 📝Toute loi est-elle un mal ?. Tout commentateur d'une loi nouvelle gagne à lire ce texte.

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